Chorus N°56

Graeme Allwright le voyageur de l’humanité

N° 56 de Chorus, journal de la chanson française de cet été.

Extrait de la rubrique « de passage » :

“Graeme Allwright Le voyageur de l’Humanité

Qu’as-tu appris à l’école ?

Un jour, Graeme est consterné en découvrant à la télévision les enfants obligés d’apprendre « ce texte épouvantable à l’école ; j’étais comme possédé, je ne pouvais pas sortir ça de ma tête : les mots de la version originale… et ceux que j’essayais de trouver pour les remplacer, de façon qu’ils sonnent un peu pareil. Au bout de dix jours, j’ai appelé une amie, ancienne institutrice, qui m’a aidé à fignoler mon texte. » L’amie, c’est Sylvie Dien, avec laquelle Graeme avait déjà travaillé, il y a longtemps, sur l’adaptation de Blowin’ in the wind de Dylan. Quelque temps plus tard, Gérard Holtz, l’animateur de télévision bien connu, organise un spectacle à Garches avec Christophe Allwright. « Gérard qui présentait le spectacle voulait chanter Emmène-moi en duo, et c’est là que j’ai interprété cette Marseillaise pour la première fois, avec Bruno [Angellini] au piano. Ça a fait un tabac ! »

Le Jour de clarté

Une association est constituée, présidée par Jean-Marc Caron, pour soutenir cette nouvelle version. Un projet est en cours pour réunir une chorale d’enfants afin de lui donner plus de corps. En attendant les moyens et les lieux, on peut l’écouter et la lire sur le site de l’association et, bien sûr, adhérer pour soutenir cette initiative. « Le jour où les politiques décideront de changer les paroles de La Marseillaise, ce sera un grand jour pour la France. » Graeme ne veut pas systématiquement imposer sa version, son but est avant tout d’inciter les autorités à remplacer les actuelles paroles infamantes. Il a d’ailleurs déposé humblement son texte pour participer – comme n’importe qui d’autre – au concours Une Marseillaise pour les enfants organisé par une association de Fresnes.

Demain sera bien

En attendant, Graeme Allwright continue à jouer et à chanter. Il sera le 9 juillet devant la cathédrale d’Albi, à Poitiers le 28, puis à Montluçon… Entré dans sa quatre-vingtième année, il marche toujours sans frontières, en citoyen du monde, libre dans sa tête comme sur les routes. Et demain ? « Demain est un autre jour », ajoute-t-il en souriant avant de conclure : « Surtout, ne pas se laisser aller à ne pas bouger, à ne pas changer. Les gens, les mentalités peuvent changer. »”

Michel Trihoreau

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