Autres couplets de la Marseillaise

Dans la nuit strasbourgeoise, Rouget de Lisle a composé six couplets. Mais il en existe un septième, dit couplets « des enfants », dont l’origine est plus controversée puisque deux auteurs au moins s’en disputent la paternité.

Il s’agit tout d’abord de l’abbé Antoine Pessonneau, qui en aurait écrit les paroles avec ses élèves dans un collège de Vienne, en Isère, après avoir assisté au passage des fédérés marseillais. Une hypothèse souvent jugée fantaisiste. On parle aussi de l’historien et poète Louis-François Du Bois, un ami de Rouget de Lisle, qui affirme avoir rajouté ces paroles en Octobre 1792, sur une idée empruntée au chant des Spartiates, rapporté par Plutarque.

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus. (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
Deles venger ou de les suivre !


Le même Du Bois faisant d’ailleurs état d’un huitième couplet peu connu qu’il attribue à Collot d’Herbois. Strophe parue en 1794 à Lyon, titrés « A l’arbre de la liberté » et dont voici le texte :

Arbre chéri, deviens le gage
De notre espoir et de nos voeux ;
Puisses-tu fleurir d’âge en âge
Et couvrir nos derniers neveux ! (bis)
Que, sous ton ombre hospitalière,
Le vieux guerrier trouve un abri ;
Que le pauvre y trouve un ami ;
Que tout Français y trouve un frère !


Enfin pour le plaisir, citons cette parodie d’auteur anonyme mais contemporaine de l’original :

Allons enfants de la courtille
Le jour de boire est arrivée…
C’est pour vous que le boudin grille,
Et que le bon vin est tiré. (bis)
Entendez-vous dans la cuisine
Rôtir et dindons et gigots !
Ma foi ! nous serions bien nigauds
Si nous leur faisions triste mine.
A table, citoyens ! vidons tous les flacons.
Buvons ! Buvons !
Et qu’un vin pur abreuve nos poumons !