Vive Henri IV

Au premier couplet, anonyme composé du vivant du grand roi Henri, Charles Collé rajouta trois autres couplets vers 1770 pour sa comédie ’La partie de chasse d’Henri IV3. Ce complément de chanson eut un grand succès en 1774 à l’avènement du Louis XVI, à qui l’on souhaitait ainsi de ressembler au bon roi Henri qui avait laissé un si bon souvenir dans la mémoire du peuple de France. Cette chanson incarnait tellement l’image de la royauté idéale qu’elle devait même devenir l’hymne des royalistes sous la restauration, avec des paroles différentes. Vive Henri IV, vive ce roi vaillant ! Ce diable à quatre a le triple talent De boire et d’se battre Et d’être vert galant.

Chantons l’antienne qu’on chant’ra dans mille ans,
Que Dien maintienne en pauix ses descendants
Jusqu’à c’qu’on prenne la lune entre les dents.

J’aimons les filles et j’aimons le bon vin,
De nos bons drilles, chantons le gai refrain ;
J’aimons les filles et j’aimons le bon vin !

Vive la France, vive le roi Henri !
Qu’à Reims on danse, disant comme à Paris :
« Vive la France, vive le roi Henri »

Variantes des deux derniers couplets trouvée dans un recueil du XIXème siècle (auteur inconnu)

Au diable guerres, rancunes et partis !
Comme nos pères, chantons en vrais amis,
Au choc des verres, les roses et les lys !

Moins de soudrilles eussent troublé le sein
De nos familles, si l’ligueux plus humain
Eût ainsi aimé les filles, eût aimé le bon vin !

VIVE HENRI IV PARODIE

Ce couplet parodique qui suit est extrait d’une revue caf’ con’ : « Paris qui chante » (environ 1900) dans laquelle on vous donne en quatre couplets la recette de la poule au pot.

Vive henri IV, vive ce roi rigolo !
Ce diable à quatre apprit au populo
A boire et à s’battre et faire la poule au pot !

Au XVIème siècle, c’est à Paris qu’on parle le français le plus pur. On a ce sentiment dans toute la France et les gens cultivés cherchent à l’imiter, s’ils ne sont pas à Paris. « Mon langage français est altéré, dit Montaigne, et en la prononciation et ailleurs, par la barbarie de mon creu, je ne vis jamais homme des contrées de deçà qui ne sentit bien évidemment son ramage et qui ne blessast les oreilles pures françoises ».

Toutefois on n’hésite pas à introduire des termes dialectaux dans la langue parlée et écrite, s’ils semblent plus pertinents. « Au rebours c’est aux paroles à servir et à suyre, et que le Gascon y arrive, si le François n’y peut aller ». (Montaignes ’Essais’)

Hebri IV a toujours conservé l’accent béarnais. Roi de Navarre en 1562, il devient roi de France en 1589 et attire à la cour beaucoup de gens de langue d’Oc, au point que les médisants qualifient la cour de « carrefour de dialectes ».

Gabrielle d’Estrée (1573-1599) fut la maîtresse de henri IV, qui lui composa cette chanson, selon l’habitude des rois de France qui jouaient de la musique et en composaient parfois eux-même.

CHARMANTE GABRIELLE

Charmante Gabrielle,
Percé de mille dards,
Quand la gloire m’appelle,
Sous les drapeaux de Mars.
Cruelle départie,
Malheureux jour !
Que ne suis-je sans vie
Ou sans amour !