La Marseillaise noire

Fils d’Africains ! Tristes victimes,
Qu’un joug absurde abrutissait.
De monstres oubliant les crimes,
Pensons à Jésus qui disait : (bis)
« peuples, plus de sang, plus de guerre
« Qui font rougir l’humanité,
« Moi je suis la Fraternité,
« Embrassez-vous, vous êtes frères. »
Debout ! L’heure est venue, à chaque travailleur
Le pain (bis) qu’il a gagné, qu’importe sa couleur.

Assez longtemps ! le fouet infâme
De ses sillons nous a brisés,
Sans nom, sans patrie et sans âme ;
Assez de fers ! De honte assez ! (bis)
Que dans une sainte alliance
Les noirs et les blancs confondus
A la mort des anciens abus,
Marchant tous pleins de confiance,
Debout ! L’heure est venue, à chaque travailleur
Le pain (bis) qu’il a gagné, qu’importe sa couleur.

Debout ! C’est l’heure solennelle !
Où sur le vieux monde écroulé
Le despotisme qui chancelle
Vient couronner la Liberté,
La discorde reprend sa pomme,
La raison humaine grandit ;
C’est l’intelligence et l’esprit
Et non plus la peau qui fait l’homme.
Debout ! L’heure est venue, à chaque travailleur
Le pain (bis) qu’il a gagné, qu’importe sa couleur.

Plus d’ombre ! partout la lumière,
C’est l’évangile qui paraît ;
Le blanc dit au noir : mon frère,
A jamais Caïn disparaît
Plus de sang !L’impie ignorance,
Arme terrible du tyran
Aux peuples s’entredéchirant,
Ne dit plus : mort, sang et vengeance.
Debout, l’heure est venue, à chaque travailleur
Le pain (bis) qu’il a gagné, qu’importe sa couleur.

Allons ! malgré votre race,
Hommes de couleur, unissez-vous ;
Car le soleil luit pour tous.
Que chaque peuple heureux, prospère,
Au fronton de l’humanité,
Grave ces mots : en toi j’espère,
Tu règneras, Egalité.